Portrait de Chimiste : Paul Niebes

Paul Niebes

Docteur en chimie, spécialisé en pharmacologie

Paul Niebes, 81 ans, est docteur en chimie spécialisé en pharmacologie, toujours actif après un parcours professionnel de près de 60 ans dans l’industrie, et plus particulièrement dans la recherche de médicaments, domaine de recherche qui ne s’arrête jamais !

Quel est votre parcours professionnel ?

J’ai étudié la chimie à l’Université de Liège avec les options biochimie. J’ai ensuite réalisé un doctorat sur la chimie des substances naturelles et plus particulièrement sur la détermination de la structure d’un polyphénol inconnu. Par la suite, entre 1968 et 1970, je suis parti étudier la pharmacologie à l’Université de Fribourg en Suisse. Grâce à ces formations, j’ai été engagé en 1970 chez Zyma-Nyon, une compagnie pharmaceutique suisse. Pendant environs 10 ans, j’y ai étudié les propriétés pharmacologiques d’un polyphénol proche de celui que j’ai étudié durant ma thèse : la (+)-catéchine. En collaboration avec de nombreuses universités de tous pays, j’ai découvert les propriétés de la catéchine sur le renforcement des capillaires et du tissu conjonctif. Je suis finalement revenu en Belgique pour prendre la direction d’un service de recherche pharmacologique pour Searle (qui fusionnera par la suite avec Monsanto), travaillant sur le système nerveux central, le cardiovasculaire et le tissu conjonctif. Je m’occupais de 4 services de recherche et de 40 collaborateurs. Après l’arrêt de la recherche de Monsanto en Europe, j’ai occupé une fonction de directeur de business development en Europe d’abord pour Monsanto, puis ensuite pour Solvay jusqu’à l’âge de 70 ans. Enfin, à 70 ans, j’ai repris le projet développé durant ma thèse de doctorat et chez Zyma. Ce projet a été accepté par le comité international du TéléVie, grâce auquel deux équipes de l’ULiège et une équipe de l’UCLouvain peuvent continuer les recherches sur la (+)-catéchine dans le cadre de la stabilisation du tissu conjonctif et des capillaires afin d’éviter la propagation du cancer et d’aider à son traitement.

Quel est l’aspect de votre métier qui vous plait le plus ?

La possibilité de garder, dans le secteur de la recherche, la confiance en soi et en son projet sans interférences hiérarchiques ou autres, et ainsi gagner le respect des gens que vous estimez, qui, en contrepartie, vous aident à rebondir.

Pourquoi, selon vous, faut-il étudier la Chimie ?

La Chimie, avec peut-être la philosophie, est la meilleure école de la connaissance de la vie, elle nous permet de pouvoir embrasser toutes les autres connaissances, physiologie, agronomie, médecine… avec un esprit capable d’aller à l’essentiel. La Chimie est une base qui permet, si on a de l’imagination (personnellement, j’aime l’exercer en écrivant de petits poèmes) et de la passion, de toujours en connaître plus, de se faire apprécier par ses connaissances et… de nous maintenir en vie (attention toutefois de ne pas s’empoisonner au labo !)

Quels conseils donneriez-vous aux étudiants en Chimie ?

Vous défendez un projet avec résultats selon des critères scientifiques et non pas une théorie ou une façon de faire. Ce qui n’empêche, si vous êtes en chemin non battu, de devoir vous battre et persévérer. 

Si vous travaillez pour faire plaisir, la tête courbée devant l’une ou l’autre solennité, cherchez plutôt à améliorer l’une ou l’autre donnée existante, ce sera moins frustrant. Ne faites pas plaisir, dites la vérité, elle vous soutiendra.

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Publié le 6 avril 2022 par Wendy Müller