Portrait de Chimiste : Aurore Richel

Aurore Richel

Professeur en Chimie et Valorisation des Ressources Renouvelables à l’ULiège

Aurore Richel, 43 ans, est Docteur en Chimie et Professeur Ordinaire au sein de l’Université de Liège. Spécialiste de la Chimie des ressources renouvelables, vous pourrez notamment découvrir la Chimie verte et durable sur son site www.chem4us.be

Quel est votre parcours professionnel ?

Titulaire d’une licence en Sciences Chimiques de l’ULiège, j’ai finalisé une thèse de doctorat dans le domaine de la catalyse organométallique. J’ai ensuite assumé diverses fonctions de recherche (post-doc) dans des laboratoires universitaires en relation avec « la chimie verte »  avant d’être nommée Première Assistante. J’ai finalement obtenu un poste académique permanent dans la Chimie et la Valorisation des Ressources Renouvelables.

Quelles est votre position actuelle et quelles sont vos missions ?

Je suis Professeur Ordinaire à l’Université de Liège, responsable des activités de recherche et d’enseignement en lien avec la chimie des ressources renouvelables. Je dirige le Laboratoire de Biomasse et Technologies Vertes dont la mission est d’exploiter la chimie pour concevoir de nouveaux matériaux innovants ou des solutions énergétiques (nouveaux carburants ou vecteurs énergétiques) à partir de ressources alternatives comme les végétaux, les résidus industriels (agroalimentaires, effluents liquides ou gazeux comme le dioxyde de carbone), ou les déchets ménagers en rem-placement complet ou partiel des ressources fossiles. Ma mission est donc de montrer le rôle prépondérant de la chimie dans les objectifs de développement durable.

Quel est l’aspect de votre métier qui vous plait le plus ?

Les recherches que nous menons sont assez tendancielles, touchant à des secteurs économiques-clés dont celui de l’énergie et des matériaux. La composante « renouvelable », même si elle est plébiscitée par le grand public ou nos instances socio-politiques n’est pas toujours un gage de bénéfices pour l’environnement et se doit d’être évaluée au cas par cas. 

Une grande partie de ma mission repose donc sur la vulgarisation scientifique (réalisée via mon blog www.chem4us.be), sur l’explication des enjeux de la chimie en lien avec le développement durable et sur la promotion de la recherche menée dans le domaine de la chimie en général. 

Travaillez-vous seule ou en équipe ?

Je dirige un laboratoire d’une vingtaine de personnes, majoritairement composé de chercheurs venant de tous les horizons : France, Vietnam, Chine, Belgique, Canada, Tunisie. Mon laboratoire est donc un lieu d’échanges, de découvertes culturelles, mais aussi culinaires. Je travaille donc essentiellement en équipe.

Êtes-vous amenée à voyager ?

J’ai créé en 2018 une plateforme de recherche collaborative sur la chimie des carburants avancés avec des collègues de Texas A&M (États-Unis) et de l’Université de Kobé (Japon) avec l’aide de l’AWEX (Agence Wallonne à l’Exportation). Je voyage donc souvent aux États-Unis et au Japon pour y assurer des activités d’enseignement ou pour suivre des initiatives de recherches conjointes.

Quelles qualités faut-il selon vous pour exercer votre métier ?

Je pense qu’il faut être créatif mais surtout être rigoureux. La chimie des ressources renouvelables est associée à des enjeux environnementaux, sociétaux et surtout économiques. Il convient cependant de ne pas oublier que le développement de connaissances fondamentales rigoureuses est un prérequis.

Pourquoi, selon vous, faut-il étudier la Chimie ?

La chimie est une science très variée qui touche des secteurs aussi diversifiés que la construction, le médical, l’alimentaire, le secteur des plastiques ou les cosmétiques. La chimie, c’est aussi bien s’intéresser à la production de ciments que d’étudier la production de nouveaux kérosènes pour l’aviation. C’est aussi bien tenter de découvrir de nouveaux éléments, de nouvelles réactions, que de se pencher sur la formulation de nouvelles préparations dans le domaine alimentaire. Etudier la chimie, c’est se confronter à un métier qui peut se décliner dans la recherche ou dans la production, dans l’enseignement, dans le législatif, dans l’entreprenariat. Les débouchés sont multiples et accessibles tant aux hommes qu’aux femmes.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui veulent se lancer dans des études de Chimie ?

Oubliez les idées préconçues sur la chimie ! Être chimiste, ce n’est pas seulement travailler en blouse blanche dans un laboratoire, c’est aussi rencontrer des gens, voyager, échanger. C’est un métier passionnant, tourné vers le monde et vers les défis futurs.

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Publié par Wendy Müller, le 5 janvier 2022