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Caractère réducteur

Nous avons déjà vu (page B3) les différentes étapes d'oxydation des alcools primaires et secondaires conduisant aux aldéhydes et aux cétones.

Les aldéhydes sont si facilement oxydés qu'ils sont souvent contaminés par l'acide carboxylique correspondant formé par oxydation à l'air.

Les cétones, étant donné qu'elles ne possèdent pas d'hydrogène sur le carbone de la fonction carbonyle, ne sont pas oxydées par ces deux réactifs. Leur oxydation plus drastique conduit à la rupture de la molécule avec formation de fragments à fonction acide contenant moins d'atomes de carbone que la cétone de départ

Une oxydation plus brutale encore (combustion) conduit à la formation de CO2 et de H2O.

Identification des aldéhydes

Les aldéhydes et les cétones présentent des caractères réducteurs très différents l'un de l'autre. Les aldéhydes réduisent la liqueur de Fehling, solution basique de cuivre à l'état d'oxydation +2. Au cours de cette réaction, le cuivre est transformé en Cu2O (couleur rouge brique), ce que l'on représente par la demi-réaction, en milieu basique :

2 Cu2+ + 2 OH- + 2 e- → Cu2O + H2O

L'aldéhyde sera oxydé en acide carboxylique, totalement ionisé en milieu basique :

R-CHO + 3 OH- → R-COO- + 2 H2O + 2 e-

La réaction globale de mise en évidence des aldéhydes par la liqueur de Fehling s'écrit donc :

2 Cu2+ + 5 OH- + R-CHO → Cu2O↓ + R-COO- + 3 H2O

La solution de départ, bleue suite à la présence des ions Cu2+, devient brun-rouge suite à la précipitation de l'oxyde de cuivre (II) résultant de la réduction des ions Cu2+ par l'aldéhyde.

De la même manière, une solution ammoniacale d'Ag+ est réduite en argent métallique par l'aldéhyde ; on peut déposer ainsi une mince couche d'argent sur le verre et former un miroir d'argent.